Café, du rififi dans nos capsules diffusé le 14 avril sur France 5

Le pionnier de la capsule dit offrir le meilleur café possible. Est-ce vraiment le cas ? Nous avons demandé à 3 experts de réaliser une dégustation à l’aveugle. Tabata Bonardi est brésilienne. Elle a fait ses classes a l’Institut Paul Bocuse et s’apprête a ouvrir un restaurant à Lyon. Périco Légasse est journaliste. Il dirige la rubrique gastronomique à l’hebdomadaire « Marianne ». Enfin, Antoine Netien, meilleur torréfacteur de France 2011. Il tient un bar à café où il propose des crus d’exception. Nous leur soumettons 5 expressos ristretto, dest-à-dire des cafés serrés. Nous commençons par les capsules biodégradables de Jean-Paul Gaillard. Crème, odeur, sensation en bouche, les cafés sont notés selon plusieurs critères.
-Il y a l’illusion d’un café un peu tonique, comme ça. Mais c’est bon, c’est plat.
-Visiblement, pour nos experts, cette capsule ne tient pas toutes ses promesses.
-Rien ne reste en bouche, sauf ce côté un peu brûlé.
-Ce café pourrait plaire a tout le monde car il n’a pas de goût.
-C’est un café grand public qui plaît par son côté très vivace, très pointu. Il y a de l’acidité, mais rien derrière. Il a des fausses qualités.
-Le café suivant est réalisé avec une machine Senseo. Rappelez-vous, celle qui a le moins de pression et qui fonctionne avec des dosettes souples. Vont-ils sentir la différence ?
-C’est un peu de l’eau de vaisselle marron.
-Avec une note de goudron, de plastique.
-Le vrai jus de chaussette.
-C’est une catastrophe. Sortez-moi ça !
-Avec les capsules transparentes de la marque « Maison du café », le jury est plus indulgent.
-Des 3, c’est celui qui ressemble le plus à du café. Mais c’est pas encore ça. Pour moi, il manque un peu plus de structure.
-Ca a été vraiment carbonisé rapidement de façon industrielle.
-ll est un peu au-dessus. Il a toutjuste la moyenne.
-Pour brouiller les pistes, nous leurs servons cette fois un expresso à l’ancienne avec un percolateur. Alors le petit noir du comptoir va-t-il détrôner la capsule ?
-ll y a un nez de banane qui m’a bien plu.
-Pour moi, ce café-là, il est moins chimique.
-Au niveau de la consistance de la crème, on voit un peu plus ce côté naturel du café.
-Le café du bistro obtient pour l’instant la meilleure note. La dernière à entrer en piste c’est la capsule Nespresso.
-On sent le café torréfié. Il y a un bel équilibre. Donc j’ai mis ma meilleure note.
-Mais ses compères ne sont pas du même avis. D’après eux, ce café pêche par son amertume.
-C’est pas un café que moi, j’aimerais, parce que justement, il y a trop d’amertume.
-On a du mal à le boire d’une traite, ce qui normalement devrait être faisable avec un bon expresso. D’une traite, avec le sourire.
-C’est l’heure du verdict.
-Tin tin tin tin !
-Et le gagnant est ?
-Avec une note de 5/10, le petit noir du bistro devance d’une courte tête la capsule Nespresso. Avec un 0 pointé, la dosette Senseo est la grande perdante. Au final, aucune capsule n’a séduit notre jury. Ce qu’il reproche à ce produit : sa standardisation et l’absence d’information sur l’origine du café.
-On achète des couleurs. Ou on achète des noms.
Mais d’où vient le café ?
-Souvent, ils marquent les continents. Ils marquent Amérique du Sud, mais il y a tellement de différences entre la Colombie, le Brésil… On peut pas savoir d’où il vient.
-La seule solution pour connaître l’origine, ce serait de remplir soi-même sa capsule avec le café de son choix. Et aujourd’hui, c’est possible. Capsul‘in, un nouveau concept de capsules en kit contre lequel Nespresso n’a rien pu faire. En France, celui qui les commercialise depuis 2 ans, c’est Olivier Brivois. Cet après-midi, il se rend chez un torréfacteur qui distribue les petites Capsul‘in. Pour aider les clients à les remplir avec leur café préféré, Olivier Brivois leur propose un nouvel outil.
-Ca, ça va servir au consommateur a mieux remplir sa capsule. T’as un peu plus de café. T’as plus qu’à tasser.
-ll suffit ensuite de fermer la dosette en collant un petit filtre métallisé et le tour est joué.
-Voilà une capsule compatible Nespresso avec du café du torréfacteur.
-En France, 2 torrefacteurs sur 3 commercialisent ce produit. Ces capsules à remplir soi-même, c’est une aubaine pour récupérer la clientèle partie chez Nespresso.
-En voyant qu’ils pouvaient goûter un café de chez nous en le mettant dans leur Nespresso, ces clients ont adhéré.
-Si ces dosettes rencontrent un tel succès, c’est parce qu’une fois remplies, elles reviennent à 20 centimes. Presque 2 fois moins cher que les capsules Nespresso. Et l’intérêt, c’est que le consommateur choisit lui-même l’origine de son café.
-J’arrive chez le torréfacteur, je sais pas quel café je vais prendre. En fonction du pays où j’ai envie de voyager, je m’arrête et je choisis ce café. Le consommateur se réapproprie sa capsule, son café. Il fait ce qu’il veut. Il se réapproprie le produit.
-Ces capsules à faire soi-même font un carton. L’année dernière, Olivier Brivois en aurait vendu 12 millions.
-Merci pour tout.
-Les torréfacteurs, un concurrent avec lequel les géants du café devront désormais compter.

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